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David Loison, Classica (Juillet/Août 2009)

Pas de commentaire Revue de presse

Alors que la récente discographie pour l’orgue multiplie les intégrales de petits maîtres avec un bonheur inégal, Olivier Vernet nous propose un disque d’un bout à l’autre digne d’intérêt. Le choix d’un véritable compositeur pour l’orgue en est la première raison. La musique du danois Niels Wilhelm Gade s’inscrit de façon évidente dans les pas de Mendelssohn : sens de la mélodie, intérêt pour les formules ternaires et surtout une admirable légèreté du contrepoint. Son chef-d’œuvre les Trois pièces ne fait pas mauvaise figure face aux sonates mendelssohniennes, grâce à la densité de leur écriture et à une construction qui joue des contrastes. Mais loin des univers parfois sombres du romantisme allemand, une lumière heureuse éclaire les andantes isolés, les préludes de choral ou les trios, leur conférant une touche des plus personnelles. Le deuxième atout de cette intégrale est une interprétation à la fois d’une qualité technique remarquable (aucun détail ne nous échappe) et parfaitement originale dans son approche. Olivier Vernet rend la transparence heureuse de ces pièces par des tempos osés et le recours à l’orgue Tamburini (1973) de Saint-Charles à Monte-Carlo. L’instrument de facture principalement néo-baroque italienne sonne paradoxalement bien dans cette musique, restituant la joie par une clarté de timbres. En prime, Olivier Vernet nous livre la curieuse transcription pour orgue à quatre mains que Niels Wilhelm Gade fit de la Partita sur « Sei gegrüsset » de Johann Sebastian Bach. Elle résonne à l’image de l’esprit de ce disque : synthèse réjouissante de l’ancien et du moderne, de l’orchestre et de l’instrument soliste, du chœur enfin et de la voix intime.

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