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Frédéric Munoz, ResMusica.com (14 novembre 2011)

Pas de commentaire Revue de presse

Après seize années, nous retrouvons Olivier Vernet auprès de l’orgue alsacien de Soultz pour un deuxième enregistrement consacré à cet orgue historique de 1750, à l’occasion de sa récente restauration. Le premier volume, paru en 1995 nous permis de découvrir un de ces très attachants instruments de la famille Silbermann installée en Alsace au XVIIIe siècle. Dans un somptueux buffet richement orné de ses fameuses tourelles trilobées, caractéristiques de cette facture, un matériau sonore bien conservé, et restauré alors par Schwenkedel au cours des années 60 sonnait alors encore de manière convaincante. Depuis, un festival de musique, « les musicales de Soultz » a créé une animation autour de cet orgue, qui après avoir été classé en 1991, vient de bénéficier cette année même d’un relevage, conduit par le facteur Richard Dott. Il a consisté essentiellement en une reconstruction de la mécanique, un décapage du buffet, et un accord général. Le programme musical qui s’articule autour de cet instrument nous présente une pléiade d’auteurs classiques français, idéale pour traduire les qualités de ce Silbermann historique. L’esthétique même des orgues de Jean-André Silbermann est résolument française, par sa composition, ses équilibres, et quelques caractéristiques reconnaissables : un grand plein-jeu transparent et enveloppant, des anches timbrées et fines, pouvant se mêler parfois aux jeux de fond. On appréciera ce plenum alsacien dans le Prélude de Louis Couperin qui ouvre ce programme. La plupart des compositeurs sont là : Jean-Philippe Rameau avec Les Indes Galantes fait merveille, ici présenté en version 4 mains, avec la complicité remarquée de Cédric Meckler. Les jeux de détail sont mis en valeur, les mélanges traditionnels bien présents pour apprécier toute la valeur de cet instrument. Olivier Vernet, comme toujours, se promène avec aisance et inspiration dans ce monde sonore foisonnant d’idées et de surprises. La pièce finale de Balbastre, La canonnade annonce par ses effets d’orage la révolution française, qui marquera hélas la fin de ce monde de l’orgue classique français qui avait atteint alors son apogée. L’orgue de Soultz représente désormais l’un des plus beaux témoins de cette facture alsacienne classique, dont le rayonnement inonda alors une partie de l’Europe, jusqu’en Saxe, ou le cousin Gottfried Silbermann, inspiré par ces sonorités claires, franches et équilibrées, en tint compte pour ses propres orgues, notamment en ce qui concernait les jeux d’anche. L’acoustique, généreuse et équilibrée de l’église de Soultz, est ici remarquablement préservée par la prise de son, qui restitue l’orgue dans tous ses détails et ses feux.

Critique ResMusica.com

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