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Frédéric Munoz, ResMusica.com (5 Novembre 2017)

Pas de commentaire Revue de presse

Depuis quelques années, on salue avec bonheur la redécouverte des travaux de l’atelier Merklin, installé à Lyon au XIXe siècle. Le présent CD montre l’efficacité d’un petit instrument magnifiquement restauré, qui permet de mettre en valeur un répertoire injustement oublié, en particulier des œuvres à 4 mains. La commune de Commentry, dans l’Allier, possède un orgue de grande valeur dans son église du Sacré-Cœur. Un petit instrument de 10 jeux réels conçu par Joseph Merklin en 1875, qui a passé tant bien que mal les épreuves du temps. Un travail récent de restauration lui a redonné ses voix originales. Une étape qui fut délicate, car toutes les parties de l’orgue ont dû être passées au crible afin qu’elles puissent retrouver leur authenticité et leur efficacité. Un résultat remarquable dû à Jean-Christian Guerrier, qui a su retrouver l’esprit exact de l’univers sonore de Merklin. Le programme musical est passionnant par son originalité et la valeur artistique des pièces proposées. Plusieurs œuvres sont écrites pour 4 mains et, on l’imagine aussi, à 4 pieds. Après trois pièces à 2 mains de l’organiste Lefébure-Wély, fort connu sous le second Empire aux tribunes parisiennes de la Madeleine et de Saint-Sulpice, caractéristiques du style musical de l’époque bien souvent proche d’Offenbach, ce qui peut toujours étonner pour de la musique à destination religieuse, le duo Vernet/Meckler nous offre un Prélude et fugue d’un certain Emanuel Schönfelder. Ici la fugue est bâtie sur un thème de Hummel dans une solide structure de type germanique. On découvre aussi le suédois Mankell dans une Fantaisi (sic) évocatrice des ambiances et paysages nordiques. Après quelques pièces posthumes de César Franck, le programme s’achève avec une Prière de Louis Ganne et une œuvre d’Alexis Droy, commande de la ville de Commentry pour fêter les 10 ans de l’orgue Merklin et interprétée par l’auteur. Il s’agit d’une suite en trois mouvements sur le nom de Merklin (fa-ré-ré-mi-si-sol). Un Prélude fluide et volubile ouvre la suite de manière impressionniste, suivi d’un andante méditatif et inspiré, avec solo de flûte. Une Toccata apporte une conclusion jubilatoire et tourbillonnante jusqu’à la conclusion triomphante sur le tutti de l’orgue. Alexis Droy, lui-même aux claviers, conclut cet enregistrement dans la lumière de ce petit orgue de paroisse qui s’est fait grand grâce au génie de son concepteur et à l’inspiration sans faille de ses interprètes, un trio d’organistes au talent reconnu. Cet album porte le numéro 14 de la route des orgues proposée par le label Ligia, une route toujours aussi captivante, riche en découvertes et en surprises variées, dans l’attente de prochaines étapes…

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