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Frédéric Munoz, ResMusica.com (juin 2008)

Pas de commentaire Revue de presse

Poursuivant son exploration de la musique « orgue et cordes » de la période dite classique, Olivier Vernet aborde avec bonheur quelques pages méconnues de Joseph Haydn. Non pas les grands concertos, plus connus des mélomanes, mais quelques concertinos, plus modestes, mais tout aussi passionnants, et qui furent conçus vraisemblablement dans les salons du Comte Esterhazy, ne demandant qu’un trio à cordes, et un instrument soliste à clavier : clavecin, ou cabinet d’orgue. Période curieuse pour l’orgue, sorti de son contexte habituel liturgique, et devenu instrument de concert à part entière, traité à la manière d’un pianoforte. La polyphonie a pratiquement disparu au profit d’une écriture à deux voix, à l’instar de Händel, ou Karl-Philip-Emmanuel Bach. Pourtant Haydn utilisera aussi l’orgue dans ses célèbres messes, gardant un lien réel avec le sacré. Mais ici, il en va autrement, puisque le compositeur avait même écrit pour un instrument étrange appellé « flötenuhr » – littéralement « horloge à flûte » -, sorte de grosse boite à musique sophistiquée, qui ornait le musée de cire du comte Deym-Müller, et dont Mozart et Beethoven avaient écrit également quelques pièces adaptées à cette curiosité instrumentale. Haydn s’en tient à de courtes compositions destinées à marquer chaque heure qui passe, écrites sur quatre portées musicales, d’où le « 4 mains » proposé par Olivier Vernet et Cédric Meckler. Ces pièces dont les thèmes sont parfois tirés de symphonies ou de quatuors à cordes, gardent ici toute leur saveur originale : l’orgue de Mougins, de taille modeste, très timbré en jeux de flûtes de toutes tessitures, et posé à même le sol, est un partenaire idéal. Le trio à cordes mené par Stéphanie Degand soutient avec vigueur et enthousiasme le discours élégant et joyeux du Maître Viennois. Le XVIII° est bien là, l’orgue s’émancipe vers d’autres mondes : musique facile dira-t-on, mais de divertissement, le but est bien atteint, tant par l’écriture que par le ton qui nous sont proposés dans le présent enregistrement.

Critique ResMusica.com

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