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Frédéric Munoz, ResMusica.com (septembre 2007)

Pas de commentaire Revue de presse

La route des orgues peut parfois prendre des directions bien diverses, autant par les destinations que par les orgues rencontrés. Après l’Alsace, le Comté de Nice, les Ardennes, la Touraine, la Bourgogne, nous voici arrivés en Corrèze avec déjà un volume 10 (!), pour découvrir un orgue nouveau, un peu comme un bon vin. Cette belle région s’enrichit peu à peu, puisque Agen, vient aussi de retrouver son orgue, grâce à une grande restauration en sa cathédrale. L’histoire de l’orgue de la cathédrale de Tulle, débute au milieu du XIXe siècle avec le facteur John Abbey, qui livre un 3 claviers de 31 jeux. Malheureusement, la suite ne lui sera pas trop favorable, et peu à peu, malgré de soi-disantes restaurations, l’orgue s’enfonce peu à peu dans le délabrement et le mutisme. En 1971, les facteurs Haepfer-Hermann, reconstruisent un nouvel orgue, en gardant certains éléments plus anciens, c’est Marie-Claire Alain qui supervisera l’opération. Si la construction fût robuste, l’harmonie de l’orgue, elle, se révéla déséquilibrée et laissa les musiciens insatisfaits. Au début des années 2000, c’est Bertrand Cattiaux, fin spécialiste en la matière, qui va enfin donner à cet instrument l’épanouissement sonore tant attendu, en reprenant l’harmonie (c’est-à-dire tout simplement « le son de l’orgue ») et en complétant la composition de quelques jeux nouveaux. A l’écoute de ce CD, le résultat est à la hauteur des espérances : d’entrée, la Sinfonia de la Cantate BWV 29 de Bach sonne « juste » dans la belle adaptation d’Alexandre Guilmant. S’en suit la Chaconne pour violon dans une version à 4 mains avec le complice Cédrick Meckler, écrite par Carl Reinecke au XIXe siècle. Après ce monument, l’enchainement avec le petit Andante pour orgue mécanique de Beethoven est d’un délicieux effet. Par la suite, le programme se déroule pour présenter au mieux les diverses possibilités de l’orgue, le 3e choral de Franck, plusieurs pièces du début XXe, avec le jardin suspendu de Jehan Alain , un choral de Jacques Ibert , le Chant de paix de Jean Langlais , et une Elégie d’Emile Bourdon , l’un des prédécesseurs d’Olivier Vernet à la tribune de la cathédrale de Monaco. Le « clou » du disque est pour la fin, avec cette Sonate Parisienne de Julien Bret , né en 1974, organiste du Val de Grâce à Paris. Cette œuvre fleure bon le Paris des années 20, avec ses musiques de guinguettes, valses musette, le Paris populaire comme on l’aime. On y entend même quelques échos tout droit sortis du Gaumont Palace, époque où l’orgue sortait du sous-sol de la scène pendant l’entracte. C’est réjouissant d’entendre une telle musique à l’orgue, tout aussi rafraichissante que souriante et optimiste. Les doigts d’or (et les pieds) de nos deux organistes s’en donnent à c(h)œur joie, c’est de la belle ouvrage. Un disque à découvrir sans tarder, le son est magnifique comme toujours avec cet éditeur.

Critique ResMusica.com

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