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Michel Roubinet, Critique concertclassic.com (Mai 2010)

Pas de commentaire Revue de presse

Sevilla et surtout Asturias (dont les notes inlassablement répétées exigeaient trop des transmissions du Merklin) ayant dû être écartées, ne fut conservé de la Suite espagnole op.47 d’Albéniz, d’après la version à quatre mains de l’auteur – et introduit par la délicieuse Pavana-Capricho op.12, d’un chic et d’une grâce évoquant une élégante promenade au Prado vue par Goya, l’orgue se substituant avec une incroyable légèreté au piano – que l’imposant Aragón (Fantasía), moment de haute voltige de clavier en clavier, les quatre mains entremêlées jusqu’à étourdir les yeux. Nul doute que la retransmission en temps réel sur grand écran dans le choeur aura contribué au spectacle, dans le meilleur sens du terme. À quatre mains comme les deux Albéniz, deux tangos dans la grande tradition – danses de mort et d’amour – rehaussaient la dernière partie du programme : Tango furioso de Pierre Cholley, composé pour et dédié à Olivier Vernet et Cédric Meckler, l’une des pages les plus vertigineuses de leur programme et qui, on ne sait par quel miracle, fonctionne à la perfection – plus la prise de risque, constante, est sensible, plus l’impact et la nature même du tango irradient ; enfin le célébrissime Libertango de Piazzolla, qui existe en mille versions plus ou moins exigeantes : Vernet et Meckler ont adapté la grande version de concert pour deux pianos élaborée par Pablo Ziegler, le propre pianiste de Piazzolla – deux mains pour l’inépuisable rythmique, les deux autres pour les mouvantes « vocalises improvisées » : à couper le souffle. Une fois encore – finalité parmi tant d’autres – ce concert aura montré que l’orgue n’est pas l’instrument guindé et entravé que l’on imagine trop commodément, mais une suite de découvertes et de perspectives inédites. On espère pour 2011 une IVe Semaine de l’Orgue à Saint-Louis-des-Français, d’une même diversité de programmation. Une chose est certaine : la manifestation a trouvé son public, ce qui n’était pas gagné à Rome. En guise de fil rouge pour 2011, le Merklin de San Luigi souhaite rendre hommage à l’Italie.
Michel Roubinet, ConcertClassic.com (IIIe Semaine de l’Orgue à Saint-Louis-des-Français, Rome, concert du 6 mai 2010)

Critique concertclassic.com

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