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Michel Roubinet, Le Monde de la Musique (novembre 2007)

Pas de commentaire Revue de presse

Pour cette dixième étape de la « Route des Orgues », Olivier Vernet et Cédric Meckler jouent l’orgue de Tulle, dont la rayonnante harmonisation métamorphosée par Bertrand Cattiaux, illumine ce troisième CD d’oeuvres (en partie) à quatre mains. Les découvertes sont de taille, à commencer par la Sinfonia BWV 29 de Bach, version non pas Dupré mais Guilmant. Rupture complète avec la Chaconne pour violon seul BWV 1004, ici d’après la version pour piano à quatre mains de Carl Reinecke : poétiquement articulé, le texte déroule sa longue polyphonie réinventée dans l’esprit des romantiques connaissant leur Bach sur le bout des doigts. Même lumière, précise et déliée, dans le délicieux Adagio pour orgue mécanique de Beethoven (noté sur quatre portées). Vernet seul offre ensuite un troisième Choral de Franck dont la partie médiane est habitée et introspective, ferveur intériorisée que l’on ressent également dans Le jardin suspendu d’Alain, autre chaconne, le Chant de paix de Langlais et l’Elégie d’Emile Bourdon (1804-1974), prédécesseur de Vernet à la cathédrale et à l’Académie de musique de Monaco. Le Choral « justorum animae in manu dei sunt » d’Ibert, dont il est l’un des rares à jouer l’oeuvre intégral, rejoint dans la grandeur les sections extérieures du Choral de Franck, ce récital se refermant sur une pétillante Sonate parisienne pour orgue à quatre mains (2007) de Julien Bret dédiée aux deux musiciens : on y retrouve l’esprit si français – l’ombre de Poulenc et de l’orgue de Barbarie se fait spirituellement sentir – de la Ronde des lutins et de l’inoubliable Valse des anges des Organ Dances gravées à Roquevaire (Ligia, 2005).

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