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Paul de Louit, Diapason (Juillet/Août 2009)

Pas de commentaire Revue de presse

Voici un disque qui mérite d’être acquis à deux titres. D’abord, il présente pour la première fois l’intégrale de l’œuvre pour orgue de Niels Gade, figure tutélaire de la musique danoise avec son beau-père Hartmann. Les deux compositeurs avaient été réunis par Hans Fagius (Da-capo) qui, toutefois, ne présentait que les quelques partitions de Gade éditées par Sven Lindholm (Hansen). Grâce en particulier au travail de Bjarne Hersbo, Olivier Vernet peut nous présenter plusieurs pièces inconnues : chorals, trios, un andante destiné initialement à s’insérer dans les Drei Tonsctücke op.22 pour former une sonate, ainsi que, pour quatre mains, un andante et une adaptation de sept des variations sur Sei gegrüsset Jesu gütig BWV 768 . D’autre part, après un Widor magnifique, cet album confirme le retour des qualités qui avaient ébloui chez le jeune Olivier Vernet, en particulier le toucher vif et cette flamme ardente qui fait étinceler les mouvements rapides. Tout ici est d’une grande lisibilité, d’une remarquable assise et les traits de tierces des Tonsctücke sont irréprochables. En fait, ce disque appelerait sans barguigner, un Diapason d’or , n’était le choix de l’orgue, d’un anachronisme aussi parfait que le jeu. Dans cette improbable ré-interprétation néo-classique, par un Tamburini des années 1970, de la facture italienne ancienne, on se demande ce qui est le plus hors-sujet, de ce ripieno pépiant, de ces anches râpeuses, ou du crachotis des flûtes. Privées de fondamentales, toute la monumentalité de l’écriture de Gade, plus orchestrale que celle de Mendelssohn, toute la ferveur tendre de ces andantes tombent, victimes des criaillements du tutti et de l’instabilité du vent. Certes, l’orgue est plus à son aise et plus à propos dans une Partita BWV 768 emmenée au pas de gymnastique avec le concours de Cédric Meckler. Piètre consolation que cette prime à Gade transcripteur, quand ce sont à la fois les talents du compositeur et de son interprète que vient contredire l’instrument.

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