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VERNET AND CO

Vernet-Meckler Organ Duet

Duo Vernet

... in Ore mel ...

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CDs

Lidi 0104200-09
1 CD - HM76
durée :59'

ECOUTER/LISTEN
Variations on "Sey gegrüsset Jesu gütig"
by J.S. Bach for organ duet

(Extract)

Niels Wilhelm Gade (1817-1890)


Olivier Vernet et Cédric Meckler à l'orgue Tamburini
de l'église Saint-Charles de Monte-Carlo

Andante pour orgue à quatre mains /
Andante for organ duet

Variations sur 'Sey Gegrüsset jesu Gütig' de J.S. Bach pour orgue à quatre mains / Variations on 'Sey Gegrüsset jesu Gütig' by J.S. Bach for organ duet

 

Critique ResMusica.com

 

CLASSICA
Excellent Disque

 



Lidi 0104192-08
1 CD - HM76
durée :70'39

ECOUTER/LISTENFlötenuhr n°30

Joseph Haydn (1732-1809)

Concertini Hob.XIV : 11,12,13 et Hob.XVIII : F2,
Ensemble ...in Ore mel... (sur instruments anciens)
Stéphanie-Marie Degand,
Pierre Franck, violons
Raphaël Chrétien, cello
Olivier Vernet, à l'orgue Cabourdin de Mougins (06)

Partita a due Hob.XVIIa:2
Flötenuhr-Stücke HobXIX : n° 27 à 32 - version à 2 organistes
Olivier Vernet, Cédric Meckler à l'orgue Cabourdin de Mougins

 




Participation à la réédition de l'Intégrale Bach :
Œuvres diverses & transcriptions
(1 CD)

Dannemarie, Fouesnant, Masevaux (*), Tulle (+), Vichy(*)
(*) avec Guy Touvron trompette / trumpet
(+) avec Cédric Meckler orgue à 4 mains / organ duet
ECOUTER/LISTEN

Chaconne transcrite à 4 mains par C. Reinecke (Extrait)



Lidi 0104182-07
1 CD - HM 76


Participation au CD "La Route des Orgues Vol.X "

Jean-Sébastien BACH
Chaconne de la 2 ème partita pour violon seul, BWV 1004
(Transcription à 4 mains Carl Reinecke)

Ludwig van BEETHOVEN
Adagio pour pour orgue à 4 mains WoW33/1

Julien BRET
Sonate parisienne à 4 mains
(dédiée à Olivier Vernet et Cédric Meckler)

LOGO
ECOUTER/LISTEN
Julien Bret : Valse de la Sonate parisienne
(Extrait)

 

OLIVIER VERNET

Lidi 0101180-07 / code prix : HM31x3

Intégrale de l’œuvre pour orgue, avec en 1ère mondiale :
"Songe d’une nuit d’été"(A Midsummer Night's Dream)

transcrit à 4 mains par Mendelssohn :

- Ouverture
- Scherzo
- Marche des Elfes
- Nocturne
- Marche nuptiale

+ fugue pour orgue à 4 mains en ré majeur (1835)

A l'orgue Bernard Aubertin de St-Louis-en-L'île, Paris.


DIAPASON OR
LOGO PIANISTE
Enregistrement de référence dans le dossier bicentenaire Mendelssohn de Diapason (mars 2009)
ECOUTER/LISTEN
Ouverture du Songe
d'une nuit d'été

(Extrait)
ECOUTER/LISTEN
Nocturne du Songe
d'une nuit d'été
(Extrait)
ECOUTER/LISTEN
Marche nuptiale du Songe
d'une nuit d'été

(Extrait)

 


Lidi 0104171-06
Distribution : Harmonia Mundi
Code prix : HM48

Intégrale de l'oeuvre pour orgue

à l'orgue Bernard Aubertin de St-Louis-en-L'île, Paris



ECOUTER/LISTEN
Fantaisie KV608,
double fugue finale
(Extrait)
ECOUTER/LISTEN
Variation finale de l'Andante varié KV501
(Extrait)
ECOUTER/LISTEN
Fantaisie
KV594,
3ème mouvement
(Extrait)
ECOUTER/LISTEN
Spot Radio

BROADCAST S

ECOUTER/LISTEN
France Musique
"Deux sets à neuf"
Lionel Esparza
novembre 2006 (extraits)
ECOUTER/LISTEN
France Musique
"Deux sets à neuf"
Lionel Esparza
juin 2007 (extraits)

ECOUTER/LISTEN
RadioClassique
"Concert à domicile"
Laure Mézan
juin 2007 (extraits)
ECOUTER/LISTEN
France Musique
"Deux sets à neuf"
Lionel Esparza
juin 2008 (extraits)

 


 

 

PRESS AND REVIEWS

"Moins nombreux qu'en 1991, l'autre Année Mozart, les disques consacrés en 2006 à son œuvre d'orgue se révèlent d'une singulière qualité, la palme revenant à cet album d'autant plus passionnant qu'il en propose les grandes pages dans leur version à quatre mains. Sur l'Aubertin de Paris idéalement capté, grave et chatoyant, d'une présence et d'une clarté de chaque instant, Olivier Vernet commence sur la trop rare Intrada et Fugue K.399 : à la splendeur des timbres ne cesseront de répondre vivacité et plénitude du jeu. Adagio für Glasharmonica , inventives et exigeantes Fugues en mi bémol et sol mineur, Choral Ach gott, vom Himmel sieh' darein , diabolique Eine kleine Gigue , deux Versets miniatures : le programme solo est splendide. Tout le reste, avec Cédric Meckler, est à trois ou quatre mains. Même respiration, même toucher, même articulation, impossible de dire qui fait quoi tant l'osmose est parfaite, la virtuosité et la synchronisation sidérantes. L'intérêt premier est de pouvoir restituer à la basse une aisance comparable à celle des autres voix, ce qui est presque impossible aux pieds même les plus ailés (pour preuve le Trio K.443 et sa basse intrépide et haletante), tout en disposant au manuel de trois vastes plans sonores. À l' Andante et Variations K.501, d'une pétillante ductilité (le climat de l'avant-dernière variation, tragique et suspendu, n'en est que plus troublant) fait suite une seconde Fugue en sol mineur (K.401) digne d'un parallèle avec L'Art de la Fugue de Bach – et de nouveau une basse d'une mobilité inaccessible au pédalier. Les pièces majeures confirment l'éclatante réussite de ce Mozart. Si l' Andante K.616, pur chef-d'œuvre d'ombre et de lumière, est prodigieux de délicatesse de timbres et d'affects, les deux Fantaisies en fa mineur sont des sommets de grandeur épique et poétique : la K.608 est la plus vertigineuse et la plus enivrante que l'on puisse rêver – la fulgurante strette finale laisse sans voix."
Michel Roubinet, Le Monde de la Musique (octobre 2006)

Dans la discographie d'Olivier Vernet, il y a plusieurs genres d'enregistrement. D'abord, les « incontournables » qui prennent pour échelle le catalogue des œuvres des grands compositeurs, pour en offrir les exhaustivités. Entreprises de référence : le coffret en 15 CD de l'œuvre pour orgue de Bach ou l'intégrale des œuvres pour orgue de Liszt aux six sonates pour orgue de Mendelssohn en passant par les concertos (pour orgue) de Haydn. Il y a encore les anthologies qui, pour les besoins d'un disque, inventent un répertoire : les transcriptions d'ouvertures et airs d'opéras (avec la soprano Isabelle Vernet) ou « Organ dances », avec des œuvres de Julien Bret, Pierre Cholley, Robert Elmore. Et pour s'orienter dans l'imposante discographie d'Olivier Vernet, l'exercice taxinomique peut aussi élire un rayon « découverte » puisque l'organiste a aussi enregistré des auteurs tels que Louis-Nicolas Clérambault, Johann Ludwig Krebs ou Nicolas De Grigny. Par sa fraîcheur et sa variété trépidante, compilant l'œuvre pour orgue de Mozart, ce disque fait plutôt penser à une boîte à bijoux. Chaque plage offre une sorte de joyau sonore, autant de raffinements timbriques, avec une très tangible délectation des couleurs soigneusement établies pour chacune des œuvres, quand ce n'est pour chacun des mouvements. Mais au-delà du traitement gourmand des registrations (parfois très sucrée, à force d'en affirmer si fort les originalités), c'est l'intérêt de Mozart pour les musiques mécaniques que le disque coule tout naturellement dans son œuvre pour orgue. Tel un essai opératique, l ‘Andante in F pour für eine kleine Orgelwalze (K. 616) est riche d'une incroyable polysémie, il peut faire penser à de la musique de manège, autant qu'aux passages les plus poignants de la Flûte enchantée . De 1791 aussi, le choral « Ach Gott, vom Himmel sieh darein » (K. 620b) est, lui, distinctement repris dans le dernier acte de l'opéra. Mention spéciale, enfin, pour la Fantaisie en fa mineur (K. 594) dont la virtuosité contrapuntique (à 4 mains) donne envie que l'œuvre pour orgue de Mozart soit intégrée, en bonus, à l'intégrale de celle de Bach.
David Christoffel, ResMusica.com (octobre 2006) Critique ResMusica.com

Nouvel enregistrement proposé sur le bel Aubertin de Saint-Louis-en-l'Ile, à la une de l'actualité – ce qui est mérité – et où l'on se rend compte que cet instrument permet d'aborder un large répertoire. Tel est le cas avec Mozart proposé à deux et quatre mains. Outre l'œuvre officielle comprenant les trois fantaisies écrites à l'origine pour un petit automate, les artistes proposent quelques pièces transcrites, qui sont du meilleur effet à l'orgue. On en retrouve plusieurs sur d'autres disques consacrés à l'orgue de Mozart, c'est dire leur destination quasi évidente pour les tuyaux : des fugues et des chorals. C'est tout à fait bienvenu car l'«Année Mozart» aura permis d'approfondir le sujet, chacun proposant telle pièce qui pourrait bien sonner à l'orgue, et pourquoi pas ? Ici, tout « roule » impeccablement, le son est proche et direct, les quatre mains fonctionnent à merveille, malgré quelques croisements parfois périlleux. Finalement, chaque CD Mozart à l'orgue est une belle découverte en soi, et le « quatre mains » une belle solution qui ouvre le répertoire de cet auteur. Une petite note de plus pour ce beau choral Ach Gott, vom Himmel sein darein, que l'on retrouve dans la Flûte Enchantée. Mozart rejoint ici Bach : c'est savant, étonnant et bouleversant ! Il nous manque juste dans ce programme Adagio et fugue en ut mineur, très inspiré du Maître de Leipzig et qui fait merveille à l'orgue à quatre mains … à suivre peut être dans un autre volume. Frédéric Munoz, ResMuscia.com (avril 2007) Critique ResMusica.com

Mozart tint durant huit ans la tribune de la cathédrale de Salzbourg et se nourrit, dès son enfance, de l'héritage de Bach. Peut-être le faible nombre des pièces destinées au « roi des instruments » (Mozart à son père) explique-t-il que la postérité ait moins retenu ce talent que ses contemporains, qui le fêtèrent à travers l'Europe. Mais « Année Mozart » oblige, ce répertoire connaît une juste réparation : Olivier Vernet propose sur le nouvel orgue Aubertin de Saint-Louis-en-l'île à Paris un récital surprenant, mêlant des œuvres aux styles et écritures les plus divers… Pas toutes pensées pour l'orgue d'ailleurs ! Le résultat, malgré le risque d'un certain éparpillement, est passionnant et témoigne des grandes capacités d'un interprète infatigable, en permanent renouvellement. Vernet, secondé par Cédric Meckler, se plait à cette profusion qui permet aussi un très beau travail de registration. Ecriture pianistique mondaine ( Intrada K.399 ) ou concertante, Fugues , Choral K.620b au style contrapuntique volontairement archaïsant où se devine aussi un thème de la Flûte enchantée , musique funèbre pour orgue mécanique (saisissant Andante de la fantaisie K.594 , dramatisé par l'usage du tremblant, brillante Fantaisie K.608  : l'interprète entraîne à travers l'extrême diversité d'un monde mal connu, parfois troublant, dont il surmonte les multiples exigences. Quant au jeune orgue Aubertin, il dévoile ici toutes ses richesses.
Anne-Sophie Jacouty, Classica-Répertoire (novembre 2006)      

Voici déjà quinze ans, Olivier Vernet, dans une forme toute juvénile, enregistrait à Masevaux cette version des Sonates op.65, peut-être la plus bouillonnante de la discographie. Avec le recul, ce bain de jouvence mérite amplement le Diapason d'Or qu'il n'avait pas obtenu lors de sa première parution, d'autant qu'il nous revient à prix d'ami, au sein d'une intégrale complétée sur le récent instrument parisien de Bernard Aubertin, dans le style d'Allemagne du Nord. Quelques versions primitives de mouvements de sonates nous donnent l'occasion de comparer Olivier Vernet à lui-même. Le choix d'orgues contemporains de style "baroque" apparaît de ce fait guidé, non par des raisons d'histoire ou de musicologie, mais par un idéal technique et sonore de légèreté. Ce qui en ressort n'est pas seulement la continuité de la vision qu'a Vernet de Mendelssohn, mais aussi la permanence de son approche de l'instrument : les tempos allants ; le délié de la main ; le refus, plus systématique aujourd'hui qu'alors, du legato de pédale ; et surtout, le souci d'avancer. Du coup, il peut se faire qu'une pièce plutôt statique, comme la Fugue op.37 n°2, se mette en place dans une certaine instabilité ; que le choix de contraster les deux versions des mouvements de sonates n'évite pas l'arbitraire ; ou que certaines pièces soient touchées un peu à la surface du clavier...bref, tout n'est pas d'égale réussite. Mais l'avers de la médaille, c'est le jaillissement, la vie du toucher, le sentiment de virtuosité, d'urgence. En ouvrant le coffret, goûtez comme mise en bouche le court prélude qui ouvre le deuxième CD : par la souplesse, par l'abandon, par l'animation des voix, cette pièce dont on traduit souvent le chromatisme en une lourdeur terne, retrouve ses élans et sa part de rêve. Un mot sur le bonus : un Songe d'une nuit d'été inattendu, réorchestré sur un orgue de Saint-Louis-en-l'Ile qui, on l'imagine, ferme les yeux et pense à l'Angleterre...Le vent suit, pas toujours le tempérament, mais on ne boudera pas son plaisir, surtout dans l'Ouverture : pour les quinze ans de Ligia Digital, les compères Vernet-Meckler n'ont pas ménagé la crême !"
Paul de Louit, Diapason (Juillet/Août 2007)

Ce coffret du 15 ème anniversaire de Ligia (3 CD pour le prix d'un) reprend le troisième disque d'Olivier Vernet (sur plus de soixante-dix aujourd'hui) : les six Sonates op.65 (Masevaux, 1992), complétées du reste de l'œuvre d'orgue de Mendelssohn et d'extraits du Songe d'une nuit d'été (Saint-Louis-en-l'Île, mars 2007). Comprenant le Nachspiel de 1831, les deux Chorals de 1844, l' Andante alla marcia , l' Allegro moderato maestoso et la redoutable Fugue en si bémol de 1845 ainsi que la Fugue à quatre mains de 1835 – donc plus complète que celle de Jean-Baptiste Robin, l'autre grande version récente (3 CD Triton, 2003) –, l'intégrale Vernet permet de vérifier que la perfection de la mise en forme musicale et instrumentale était présente dès ses débuts au disque. Les pages faisant appel à la force graduée de l'Aubertin de Paris resplendissent de grandeur post-classique (Préludes et Fugues op.37 n°1 & 3), comme à Masevaux les mouvements de même esthétique des Sonates, cependant que les pièces sur registrations douces ou en demi-teintes magnifient une palette variée et raffinée, ainsi l'op.37 n°2, les deux Fugues de 1839, l'admirable Präludium en ut mineur de 1841 ou le célèbre et délicieux Thema mit Variationen de 1844, pages d'un lyrisme plus foncièrement romantique. À l'orgue proprement dit de Mendelssohn, dense, souvent grandiose et d'une pureté de structure puissamment restituée, font donc suite cinq pages du Songe , d'après la version pour piano à quatre mains du compositeur (rééditée par Dover), adaptée en fonction des habituelles contraintes (tessiture, octaves…). Dans l'époustouflante Ouverture , qui par sa vivifiante continuité dynamique l'emporte presque sur l'original, le diabolique Scherzo et la Marche des Elfes , le Nocturne et une Marche nuptiale d'une complexité et d'une beauté à faire pâlir les horreurs qui hantent les sorties de mariage, Olivier Vernet et Cédric Meckler rééditent l'exemplaire réussite de leur Mozart sur ce même Aubertin (4000 CD vendus – pas mal, pour de l'orgue !). Virtuosité et synchronisme confondants riment de nouveau avec musicalité, vitalité et goût des plus exigeants.
Michel Roubinet, Le Monde de la Musique (juillet/Août 2007)

L'intégrale de l'œuvre d'orgue de Mendelssohn qu'a enregistrée Olivier Vernet reprend et complète sa version des Six Sonates de 1992. Du Prélude en ré majeur dont on admire la tenue (Mendelssohn n'a alors que 11 ans) aux Sonates , véritables sommets de sa production, on suit le parcours et l'évolution d'un compositeur marqué par son admiration pour Bach. Deux orgues ont été utilisés pour cet enregistrement : celui de Saint-Louis-en-L'Ile de Paris, et celui de Saint-Martin de Masevaux (Haut-Rhin), sans que cela nuise à la cohérence. Olivier Vernet défend un Mendelssohn aux tempos plutôt rapides, avec des registres variés, surtout dans les pièces légères. A tout moment, on admire sa maîtrise instrumentale. En complément, il nous offre, en partenariat avec Cédric Meckler, une étonnante transcription de la musique pour le Songe d'une nuit d'été . Les deux compères s'en donnent à cœur joie, les couleurs orchestrales et la fantaisie sont au rendez-vous.
Thomas Herreng, PianisteMagazine (septembre/octobre 2007)

Olivier Vernet poursuit sa patiente exploration des différentes époques de l'orgue à travers les intégrales qu'il réalise. Cette interprétation de l'œuvre de Mendelssohn, après celles de Bach, Buxtehude, Mozart, Liszt, et bien d'autres, met en lumière sa capacité à s'adapter à des styles très différents. Il est ici aux côtés de Cédric Meckler, un médecin qui pratique l'orgue et le piano pour son plaisir, mais avec un talent affirmé pour les œuvres à 4 mains. Cela nous vaut une version superbe de la musique du Songe d'une nuit d'été, transcrite par Mendelssohn lui-même.
Sophie André et Yves Marzio, HiFi video (juillet/août 2007)

C'est en 1970 que Guy Morançon nous faisait entendre pour la première fois l'œuvre d'orgue de Mendelssohn (6 sonates et 3 préludes et fugues) grâce à un album de deux microsillons gravés sur le Cavaillé-Coll de Saint-Ouen de Rouen, pour le petit label Iramac. Véritable révélation d'une musique géniale, continuatrice de l'univers de J. S. Bach, alors proposée sous une très belle vision nettement romantique, par les registrations symphoniques, le choix de l'orgue et des tempos assez retenus. Peu de temps après, c'est Marie-Claire Alain qui proposera pour son label fétiche Erato, une intégrale élargie à de nouvelles pièces inconnues alors, sur l'orgue néo-baroque nordique de Ringstedt au Danemark. Son approche se situait dans une optique plus nettement classique, à l'instar des orgues de Gottfried Silbermann, joués par Mendelssohn qu'il affectionnait tout particulièrement, les mêmes que ceux joués par Bach lui-même (Rötha). Cela lui permit alors d'expliquer certaines registrations pour jouer Bach (Passacaille et fugue par exemple). La voix était ouverte : de nombreuses versions de cette œuvre verront ensuite le jour, dont par exemple récemment, celle de Jean-Baptiste Robin pour le label Triton, et utilisant ces fameux orgues de G. Silbermann.. Aujourd'hui, Olivier Vernet, assisté parfois suivant les pièces de Cédric Meckler, rassemble en un coffret de 3 Cds, la totalité des pièces connues à ce jour, avec en bonus-tracks (c'est une tendance) une transcription à 4 mains du Songe d'une nuit d'été , où figure la célèbre Marche nuptiale . Il est à ce propos intéressant de noter que toute cette œuvre d'orgue respire l'optimisme, la fête, et avec Félix, la cérémonie de mariage n'est pas très lointaine, d'où la célébrité de sa marche à cette occasion. L'une des sonates d'ailleurs sera écrite à l'intention du mariage de sa sœur bien-aimée Fanny. Cette intégrale utilise deux orgues de tout premier plan : Le « Kern » de Masevaux, reconstruit à neuf durant les années 70, après l'incendie qui détruisit le précédent construit par les frères Callinet, et puis le tout récent « Aubertin » de St Louis en l'île à Paris. Confrontation au sommet de deux merveilles sonores, perfections de clarté et d'équilibre. Olivier Vernet domine de très haut cette intégrale, les sonates et préludes et fugues (sommet de l'œuvre) enregistrées en 1992 et reprises dans cette intégrale sonnent à merveille à Masevaux, dans des tempi très enlevés, tourbillonnants : les fugues, redoutables, sont d'une maîtrise absolue. Pour tout le reste, nous sommes à la tribune de St Louis en l'île à Paris : même fougue, même lumière éblouissante. Un exemple : l' Allegro en ré mineur (plage 2 du CD 2), délice des sens, félicité en marche, avec tout à coup un grand choral Luthérien déclamé sur toute la force de l'orgue avec l'anche de 32 pieds à la pédale : un instant d'une intense émotion à vous donner le frisson. Cédric Meckler, déjà entendu dans un précédent album Mozart pour Ligia, forme ici un tandem idéal, tant sa virtuosité sait se fondre complètement avec son collègue. Une somme indispensable dans la connaissance de l'orgue allemand après Bach, en attendant Schumann, Brahms, et les autres…
Frédéric Munoz, ResMusica.com (mai 2007) Critique ResMusica.com

Alors qu'aujourd'hui le génie précoce de Mozart est de notoriété public, seuls les mélomanes érudits connaissent les extraordinaires aptitudes juvéniles de Mendelssohn. Ne sont-elles d'ailleurs pas encore supérieures à celles de son prédécesseur, tant ses premières œuvres étaient déjà des coups de maître ? Né dans une famille riche et cultivée, il a grandi dans une atmosphère de rigueur et de travail, s'affirmant très tôt aussi bien dans littérature et la philosophie que dans le dessin et la peinture. Mais c'est la musique qui monopolisa le plus ses immenses prédispositions. Excellant dans la pratique de nombreux instruments, son attirance pour le clavier, et notamment pour l'orgue, l'amènera à lui dédier plusieurs compositions dont la totalité figure sur ce coffret de 3 CD, offerts au prix d'un seul. Dès lors, comment s'étonner de retrouver Olivier Vernet à la tête de ce remarquable projet, lorsque l'on sait qu'en 1992 il avait déjà brillement enregistré à Masevaux (Alsace), les six Sonates , op. 65. Fort logiquement incorporée au sein de cette intégrale, cette réédition vient s'enrichir du reste de la production (connue à ce jour) du prodige allemand, avec en bonus et avec la complicité de Cédric Meckler, une transcription pour quatre mains du Songe d'une nuit d'été , où figure la fameuse Marche nuptiale . Cette fois, c'est sur un orgue de facture Aubertin de 2004 (reconstitution fidèle d'un orgue baroque préromantique allemand de 1750) qu'il a jeté son dévolu : celui de l'église Saint-Louis-en-l'Île, dans le 4ème arrondissement de Paris. Inutile de vous rabattre les oreilles avec les éloges enthousiastes et les habituels dithyrambes. Cette musique ne se raconte pas, elle s'écoute, et c'est ce à quoi je vous invite toute affaire cessante. Sorti pour la commémoration du 15ème anniversaire du label Ligia Digital, voilà donc un travail artistiquement et techniquement rondement mené. À coup sûr, les amateurs du genre s'empresseront de venir souffler les bougies.
T Hervé, Audiophile Mélomane (octobre 2007)

La route des orgues peut parfois prendre des directions bien diverses, autant par les destinations que par les orgues rencontrés. Après l'Alsace, le Comté de Nice, les Ardennes, la Touraine, la Bourgogne, nous voici arrivés en Corrèze avec déjà un volume 10 (!), pour découvrir un orgue nouveau, un peu comme un bon vin. Cette belle région s'enrichit peu à peu, puisque Agen, vient aussi de retrouver son orgue, grâce à une grande restauration en sa cathédrale. L'histoire de l'orgue de la cathédrale de Tulle, débute au milieu du XIXe siècle avec le facteur John Abbey, qui livre un 3 claviers de 31 jeux. Malheureusement, la suite ne lui sera pas trop favorable, et peu à peu, malgré de soi-disantes restaurations, l'orgue s'enfonce peu à peu dans le délabrement et le mutisme. En 1971, les facteurs Haepfer-Hermann, reconstruisent un nouvel orgue, en gardant certains éléments plus anciens, c'est Marie-Claire Alain qui supervisera l'opération. Si la construction fût robuste, l'harmonie de l'orgue, elle, se révéla déséquilibrée et laissa les musiciens insatisfaits. Au début des années 2000, c'est Bertrand Cattiaux, fin spécialiste en la matière, qui va enfin donner à cet instrument l'épanouissement sonore tant attendu, en reprenant l'harmonie (c'est-à-dire tout simplement « le son de l'orgue ») et en complétant la composition de quelques jeux nouveaux. A l'écoute de ce CD, le résultat est à la hauteur des espérances : d'entrée, la Sinfonia de la Cantate BWV 29 de Bach sonne « juste » dans la belle adaptation d'Alexandre Guilmant. S'en suit la Chaconne pour violon dans une version à 4 mains avec le complice Cédrick Meckler, écrite par Carl Reinecke au XIXe siècle. Après ce monument, l'enchainement avec le petit Andante pour orgue mécanique de Beethoven est d'un délicieux effet. Par la suite, le programme se déroule pour présenter au mieux les diverses possibilités de l'orgue, le 3e choral de Franck, plusieurs pièces du début XXe, avec le jardin suspendu de Jehan Alain , un choral de Jacques Ibert , le Chant de paix de Jean Langlais , et une Elégie d'Emile Bourdon , l'un des prédécesseurs d'Olivier Vernet à la tribune de la cathédrale de Monaco. Le « clou » du disque est pour la fin, avec cette Sonate Parisienne de Julien Bret , né en 1974, organiste du Val de Grâce à Paris. Cette œuvre fleure bon le Paris des années 20, avec ses musiques de guinguettes, valses musette, le Paris populaire comme on l'aime. On y entend même quelques échos tout droit sortis du Gaumont Palace, époque où l'orgue sortait du sous-sol de la scène pendant l'entracte. C'est réjouissant d'entendre une telle musique à l'orgue, tout aussi rafraichissante que souriante et optimiste. Les doigts d'or (et les pieds) de nos deux organistes s'en donnent à c(h)œur joie, c'est de la belle ouvrage. Un disque à découvrir sans tarder, le son est magnifique comme toujours avec cet éditeur.
Frédéric Munoz, ResMusica.com (septembre 2007) Critique ResMusica.com

Pour cette dixième étape de la "Route des Orgues", Olivier Vernet et Cédric Meckler jouent l'orgue de Tulle, dont la rayonnante harmonisation métamorphosée par Bertrand Cattiaux, illumine ce troisième CD d'oeuvres (en partie) à quatre mains. Les découvertes sont de taille, à commencer par la Sinfonia BWV 29 de Bach, version non pas Dupré mais Guilmant. Rupture complète avec la Chaconne pour violon seul BWV 1004, ici d'après la version pour piano à quatre mains de Carl Reinecke : poétiquement articulé, le texte déroule sa longue polyphonie réinventée dans l'esprit des romantiques connaissant leur Bach sur le bout des doigts. Même lumière, précise et déliée, dans le délicieux Adagio pour orgue mécanique de Beethoven (noté sur quatre portées). Vernet seul offre ensuite un troisième Choral de Franck dont la partie médiane est habitée et introspective, ferveur intériorisée que l'on ressent également dans Le jardin suspendu d'Alain, autre chaconne, le Chant de paix de Langlais et l'Elégie d'Emile Bourdon (1804-1974), prédécesseur de Vernet à la cathédrale et à l'Académie de musique de Monaco. Le Choral "justorum animae in manu dei sunt" d'Ibert, dont il est l'un des rares à jouer l'oeuvre intégral, rejoint dans la grandeur les sections extérieures du Choral de Franck, ce récital se refermant sur une pétillante Sonate parisienne pour orgue à quatre mains (2007) de Julien Bret dédiée aux deux musiciens : on y retrouve l'esprit si français - l'ombre de Poulenc et de l'orgue de Barbarie se fait spirituellement sentir - de la Ronde des lutins et de l'inoubliable Valse des anges des Organ Dances gravées à Roquevaire (Ligia, 2005).
Michel Roubinet, Le Monde de la Musique (novembre 2007)

L'orgue de la cathédrale de Tulle a connu bien des avatars, avant de retrouver sa voix d'aujourd'hui ; Une réharmonisation complète et heureuse réalisée en 2000 et 2001 par Bertrand Cattiaux en a fait un instrument néo-classique remarquable, adapté à un répertoire très vaste. Le choix des pièces le montre bien, avec des œuvres de Bach, Beethoven, Franck, Alain, Ibert, Langlais et Bourdon. On écoutera en finale de ce récital éclectique une création, la Sonate parisienne pour orgue à quatre mains, de Julien Bret, que le talentueux Olivier Vernet interprète avec son complice Cédric Meckler.
Sophie André et Yves Marzio, HiFi video (octobre 2007)

Olivier Vernet s'arrête, pour cette dixième étape de la « Route des orgues » à Tulle. L'orgue de la cathédrale dispose désormais grâce à la ré-harmonisation de Bertrand Cattiaux d'une palette large et d'un caractère profondément affirmé. Pour nous le faire découvrir Olivier Vernet interprète un programme souvent décalé et (im)pertinent. Citons notamment une éclatante transcription de Bach par Guilmant, le très poétique Elégie de Bourdon et, en création mondiale, une Sonate parisienne pour orgue à quatre mains de Julien Bret, pleine d'ironie dansante. Hétéroclite et baroque, ce disque irradie du bonheur de jouer de l'orgue en maintenant la plus haute exigence musicale.
David Loison, Classica-Répertoire (novembre 2007)

Au moins, on ne reprochera pas à ce programme d'être rebattu. Belles découvertes que le choral d'Ibert et l' Elégie d'Emile Bourdon. Passionnante aussi, l'amplification par Reinecke de « la » chaconne pour violon seul ; l'orgue ne trahit pas, bien au contraire, le métier contrapuntique de celui qui dédia aussi au piano à quatre mains une chaconne de son cru ( Opus 123 n°3 ) et douze études en forme de canon ( Opus 130 ). Quant au choix de jouer à deux le très mozartien Adagio pour Flötenhur de Beethoven, c'est évidemment le bon : sans acrobatie technique, la musique chante librement dans toute sa (fausse) simplicité. Dans toutes les pièces en duo, la présence de Cédric Meckler, comme on l'a déjà constaté dans Mozart et Mendelssohn, canalise Olivier Vernet (…). Le critique ne peut conclure sans saluer chapeau bas une Sinfonia BWV29 enlevée, colorée, magnifiquement tenue, avec une main droite de haut vol, et dans une transription qu'on regrette bien de ne pas voir davantage fréquentée. Eclatante démonstration de ce que peut Olivier Vernet à son meilleur – et de ce que les travaux de Bertrand Cattiaux ont apporté à l'orgue de Tulle.
Paul de Louit, Diapason (novembre 2007)

Outre le talent indéniable de l'organiste Olivier Vernet dont nous admirons régulièrement les enregistrements (Bach, Buxtehude, Couperin, Mozart, Liszt, pour ne citer que quelques intégrales), il nous faut admirer ici, la façon judicieuse qu'il a choisie pour nous présenter les concertini pour clavier, deux violons et basse de Joseph Haydn, suivis chacun par des Flötenuhr écrites pour des horloges musicales, qu'il a associées trois par trois pour en faire des sortes de concertini. Cédric Meckler vient le seconder pour les oeuvres à quatre mains, c'est-à-dire ces Flötenuhr et une Partita. L'ensemble In Ore mel (deux violons, un violoncelle), habituel complice d'Olivier Vernet, est, encore ici, impeccablement à son diapason et l'orgue de Mougins à la fête. Tout comme nous !
Yvette Canal, Prestige Audio Vidéo (mai 2008)

Les treize concertini de Haydn pour clavecin, deux violons et basse (l'un d'eux ajoute deux cors), composés aux alentours de 1760, ne sont pas des concertos miniatures, car ils ne possèdent pas de ritournelles "orchestrales". Ce sont - avant la lettre - des quatuors avec clavier, "concertant" au plein sens du terme : le clavier est présent d'un bout à l'autre et l'écriture est des plus virtuoses. Avec ces oeuvres, Haydn a fait passer dans la musique de chambre l'esprit brillant du concerto. Il n'est jamais revenu au genre. Les concertini ont été enregistrés intégralement au clavecin par Ton Koopman (Philips) et au piano moderne par Ilse von Alpenheim (Pantheon), et plusieurs CD isolés existent. Les exécuter au positif d'orgue se justifie pleinement. L'esprit "de chambre" subsiste et les oeuvres gagnent en couleur. Olivier Vernet a choisi les quatre ouvrages ayant comme volet central non pas un menuet mais un mouvement lent, ce en quoi ils se rapprochent du concerto proprement dit. Faite d'un "Allegro" et d'un "Menuet", la Partita en fa majeur pour clavier à quatre mains est attribuée à Haydn sur une copie d'époque, mais elle ne figure sur aucun de ses catalogues et son authenticité n'est pas prouvée. les six pièces pour horloge mécanique ici retenues figurent parmi les dix-sept (sur un total de trente-deux) arrangées par haydn lui-même. Quatre proviennent de pages existant déjà, et l'on reconnaîtra le menuet de la Symphonie "l'Horloge" et les finales de la 99e ainsi que des quatuors "l'Alouette" et op.71 n°2. Olivier Vernet et ses complices nous font passer en compagnie de Haydn de bien agréables moments.
Marc Vignal , Le Monde de la Musique (juin 2008)

Poursuivant son exploration de la musique « orgue et cordes » de la période dite classique, Olivier Vernet aborde avec bonheur quelques pages méconnues de Joseph Haydn. Non pas les grands concertos, plus connus des mélomanes, mais quelques concertinos, plus modestes, mais tout aussi passionnants, et qui furent conçus vraisemblablement dans les salons du Comte Esterhazy, ne demandant qu'un trio à cordes, et un instrument soliste à clavier : clavecin, ou cabinet d'orgue. Période curieuse pour l'orgue, sorti de son contexte habituel liturgique, et devenu instrument de concert à part entière, traité à la manière d'un pianoforte. La polyphonie a pratiquement disparu au profit d'une écriture à deux voix, à l'instar de Händel, ou Karl-Philip-Emmanuel Bach. Pourtant Haydn utilisera aussi l'orgue dans ses célèbres messes, gardant un lien réel avec le sacré. Mais ici, il en va autrement, puisque le compositeur avait même écrit pour un instrument étrange appellé « flötenuhr » - littéralement « horloge à flûte » -, sorte de grosse boite à musique sophistiquée, qui ornait le musée de cire du comte Deym-Müller, et dont Mozart et Beethoven avaient écrit également quelques pièces adaptées à cette curiosité instrumentale. Haydn s'en tient à de courtes compositions destinées à marquer chaque heure qui passe, écrites sur quatre portées musicales, d'où le « 4 mains » proposé par Olivier Vernet et Cédric Meckler. Ces pièces dont les thèmes sont parfois tirés de symphonies ou de quatuors à cordes, gardent ici toute leur saveur originale : l'orgue de Mougins, de taille modeste, très timbré en jeux de flûtes de toutes tessitures, et posé à même le sol, est un partenaire idéal. Le trio à cordes mené par Stéphanie Degand soutient avec vigueur et enthousiasme le discours élégant et joyeux du Maître Viennois. Le XVIII° est bien là, l'orgue s'émancipe vers d'autres mondes : musique facile dira-t-on, mais de divertissement, le but est bien atteint, tant par l'écriture que par le ton qui nous sont proposés dans le présent enregistrement.
Frédéric Munoz, ResMusica.com (juin 2008) Critique ResMusica.com

La brillante intégrale d'Olivier Vernet (Ligia Digital) permet d'apprécier les multiples facettes de ces œuvres kaléïdoscopiques, et même un peu plus, puisque s'y ajoute une captivante transcription pour quatre mains des principaux moments du Songe d'une nuit d'eté.
Jérôme Bastianelli, Diapason (mars 2009)

Ce disque nous offre une découverte de taille en la personne de Niels Gade, compositeur danois du début du XIXe siècle, remarqué pour ses immenses facultés par les plus grands noms de l'époque : Mendelssohn et Schumann. Organiste de formation, il écrivit quelques pièces dont fort peu furent publiées, la plupart restant à l'état de manuscrit. Nous y trouvons des chorals, des trios, des variations, quelques pièces d'allure symphonique, et une transcription de la partita Sei Gegrüsset de Bach pour deux organistes. Nous sommes dans l'univers mendelssohnien où les mélodies de choral imprègnent le discours : les variations sur le célèbre Ein feste Burg sont une démonstration de cette magnificence poussée à son comble par l'arrivée en fin de cycle de deux cuivres, trompette et trombone, timbrés à souhait, et retentissants entre les mains de Philippe Bleurez et Valéry Luczynski. Bien plus qu'un simple compositeur, que l'on pourrait imaginer de second plan, Gade apporte par son discours inspiré et parfois dramatique, une dimension non négligeable à la musique d'orgue de son temps et de son pays le Danemark. L'écriture des chorals est très recherchée, chaque note chante, bien à sa place, dans un cortège harmonique raffiné. Brahms proposa un peu plus tard à son tour de tels diamants. Olivier Vernet qui a réuni l'intégralité de ces pièces éparpillées, prend plaisir à faire découvrir cette œuvre quasiment inédite, s'entourant en particulier de Cédrick Meckler, avec qui il a déjà gravé plusieurs Cds à 4 mains. L'approche revisitée de la partita de Bach sous cette distribution est passionnante, orchestrale, et donne finalement plein d'idées pour d'autres œuvres d'orgue de Bach qui pourrait bénéficier d'un traitement analogue. L'interprétation est vivante et apte à nous faire aimer ce grand méconnu. L'une des découvertes de ce disque est l'orgue de Saint-Charles de Monte-Carlo, reconstruit à neuf par la firme italienne Tamburini en 1979. On reconnaît immédiatement l'esthétique italienne, claire, puisant ses racines dans l'orgue baroque de ce pays, comme sans doute ceux que joua Niels Gade chez lui, au nord, en ce tout début du XIXe siècle. Pour autant, le traitement de cet orgue à partir d'un répertoire romantique lui réussit tout à fait, respectant la lisibilité des lignes, et le contrepoint. Le vieux ripieno n'est pas loin, les fonds assez étroits rappellent l'orchestre. La prise de son bien équilibrée fortifie une impression de plénitude et d'acuité auditive des plus agréables. Tout est ici réuni pour nous présenter sous les meilleurs cieux la musique de ce grand romantique, injustement oublié sur le bord du chemin par l'histoire de la musique, et réhabilité avec bonheur, grâce à cet enregistrement rare et précieux.
Frédéric Munoz, ResMusica.com (mai 2009) Critique ResMusica.com

Voici un disque qui mérite d'être asquis à deux titres. D'abord, il présente pour la première fois l'intégrale de l'œuvre pour orgue de Niels Gade, figure tutélaire de la musique danoise avec son beau-père Hartmann. Les deux compositeurs avaient été réunis par Hans Fagius (Da-capo) qui, toutefois, ne présentait que les quelques partitions de Gade éditées par Sven Lindholm (Hansen). Grâce en particulier au travail de Bjarne Hersbo, Olivier Vernet peut nous présenter plusieurs pièces inconnues : chorals, trios, un andante destiné initialement à s'insérer dans les Drei Tonsctücke op.22 pour former une sonate, ainsi que, pour quatre mains, un andante et une adaptation de sept des variations sur Sei gegrüsset Jesu gütig BWV 768 . D'autre part, après un Widor magnifique, cet album confirme le retour des qualités qui avaient ébloui chez le jeune Olivier Vernet, en particulier le toucher vif et cette flamme ardente qui fait étinceler les mouvements rapides. Tout ici est d'une grande lisibilité, d'une remarquable assise et les traits de tierces des Tonsctücke sont irréprochables. En fait, ce disque appelerait sans barguigner, un Diapason d'or , n'était le choix de l'orgue, d'un anachronisme aussi parfait que le jeu. Dans cette improbable ré-interprétation néo-classique, par un Tamburini des années 1970, de la facture italienne ancienne, on se demande ce qui est le plus hors-sujet, de ce ripieno pépiant, de ces anches râpeuses, ou du crachotis des flûtes. Privées de fondamentales, toute la monumentalité de l'écriture de Gade, plus orchestrale que celle de Mendelssohn, toute la ferveur tendre de ces andantes tombent, victimes des criaillements du tutti et de l'instabilité du vent. Certes, l'orgue est plus à son aise et plus à propos dans une Partita BWV 768 emmenée au pas de gymnastique avec le concours de Cédric Meckler. Piètre consolation que cette prime à Gade transcripteur, quand ce sont à la fois les talents du compositeur et de son interprète que vient contredire l'instrument.
Paul de Louit, Diapason (Juillet/Août 2009)

Alors que la récente discographie pour l'orgue multiplie les intégrales de petits maîtres avec un bonheur inégal, Olivier Vernet nous propose un disque d'un bout à l'autre digne d'intérêt. Le choix d'un véritable compositeur pour l'orgue en est la première raison. La musique du danois Niels Wilhelm Gade s'inscrit de façon évidente dans les pas de Mendelssohn : sens de la mélodie, intérêt pour les formules ternaires et surtout une admirable légèreté du contrepoint. Son chef-d'œuvre les Trois pièces ne fait pas mauvaise figure face aux sonates mendelssohniennes, grâce à la densité de leur écriture et à une construction qui joue des contrastes. Mais loin des univers parfois sombres du romantisme allemand, une lumière heureuse éclaire les andantes isolés, les préludes de choral ou les trios, leur conférant une touche des plus personnelles. Le deuxième atout de cette intégrale est une interprétation à la fois d'une qualité technique remarquable (aucun détail ne nous échappe) et parfaitement originale dans son approche. Olivier Vernet rend la transparence heureuse de ces pièces par des tempos osés et le recours à l'orgue Tamburini (1973) de Saint-Charles à Monte-Carlo. L'instrument de facture principalement néo-baroque italienne sonne paradoxalement bien dans cette musique, restituant la joie par une clarté de timbres. En prime, Olivier Vernet nous livre la curieuse transcription pour orgue à quatre mains que Niels Wilhelm Gade fit de la Partita sur « Sei gegrüsset » de Johann Sebastian Bach. Elle résonne à l'image de l'esprit de ce disque : synthèse réjouissante de l'ancien et du moderne, de l'orchestre et de l'instrument soliste, du chœur enfin et de la voix intime.
David Loison, Classica (Juillet/Août 2009)

Sevilla et surtout Asturias (dont les notes inlassablement répétées exigeaient trop des transmissions du Merklin) ayant dû être écartées, ne fut conservé de la Suite espagnole op.47 d'Albéniz, d'après la version à quatre mains de l'auteur – et introduit par la délicieuse Pavana-Capricho op.12, d'un chic et d'une grâce évoquant une élégante promenade au Prado vue par Goya, l'orgue se substituant avec une incroyable légèreté au piano – que l'imposant Aragón (Fantasía), moment de haute voltige de clavier en clavier, les quatre mains entremêlées jusqu'à étourdir les yeux. Nul doute que la retransmission en temps réel sur grand écran dans le choeur aura contribué au spectacle, dans le meilleur sens du terme. À quatre mains comme les deux Albéniz, deux tangos dans la grande tradition – danses de mort et d'amour – rehaussaient la dernière partie du programme : Tango furioso de Pierre Cholley, composé pour et dédié à Olivier Vernet et Cédric Meckler, l'une des pages les plus vertigineuses de leur programme et qui, on ne sait par quel miracle, fonctionne à la perfection – plus la prise de risque, constante, est sensible, plus l'impact et la nature même du tango irradient ; enfin le célébrissime Libertango de Piazzolla, qui existe en mille versions plus ou moins exigeantes : Vernet et Meckler ont adapté la grande version de concert pour deux pianos élaborée par Pablo Ziegler, le propre pianiste de Piazzolla – deux mains pour l'inépuisable rythmique, les deux autres pour les mouvantes « vocalises improvisées » : à couper le souffle. Une fois encore – finalité parmi tant d'autres – ce concert aura montré que l'orgue n'est pas l'instrument guindé et entravé que l'on imagine trop commodément, mais une suite de découvertes et de perspectives inédites. On espère pour 2011 une IVe Semaine de l'Orgue à Saint-Louis-des-Français, d'une même diversité de programmation. Une chose est certaine : la manifestation a trouvé son public, ce qui n'était pas gagné à Rome. En guise de fil rouge pour 2011, le Merklin de San Luigi souhaite rendre hommage à l'Italie.
Michel Roubinet, ConcertClassic.com (IIIe Semaine de l'Orgue à Saint-Louis-des-Français, Rome, concert du 6 mai 2010) Critique concertclassic.com

 

 

CREATIONS

Olivier Vernet et Cédric Meckler passent régulièrement commande à de jeunes compositeurs pour l'enrichissement du répertoire d'orgue à quatre mains. C'est ainsi que Julien Bret (Sonate parisienne pour orgue à quatre mains, création à la cathédrale de Tulle en juin 2007), Pierre Cholley (Tango furioso pour orgue à quatre mains, création à la cathédrale de Meaux en juin 2008), et Olivier Mellano (Oragon, composition en cours ) leur ont dédié des oeuvres.