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Vernet-Meckler Organ Duet

Duo Vernet

... in Ore mel ...

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Olivier VERNET/Cédric MECKLER
CDs


Lidi 0104192-08
1 CD - HM76
durée :70'39

ECOUTER/LISTENFlötenuhr n°30

Joseph Haydn (1732-1809)

Concertini Hob.XIV : 11,12,13 et Hob.XVIII : F2,
Ensemble ...in Ore mel... (sur instruments anciens)
Stéphanie-Marie Degand,
Pierre Franck, violons
Raphaël Chrétien, cello
Olivier Vernet, à l'orgue Cabourdin de Mougins (06)

Partita a due Hob.XVIIa:2
Flötenuhr-Stücke HobXIX : n° 27 à 32 - version à 2 organistes
Olivier Vernet, Cédric Meckler à l'orgue Cabourdin de Mougins

 




Participation à la réédition de l'Intégrale Bach :
Œuvres diverses & transcriptions
(1 CD)

Dannemarie, Fouesnant, Masevaux (*), Tulle (+), Vichy(*)
(*) avec Guy Touvron trompette / trumpet
(+) avec Cédric Meckler orgue à 4 mains / organ duet
ECOUTER/LISTEN

Chaconne transcrite à 4 mains par C. Reinecke (Extrait)


Lidi 0104182-07
1 CD - HM 76


Participation au CD "La Route des Orgues Vol.X "

Jean-Sébastien BACH
Chaconne de la 2 ème partita pour violon seul, BWV 1004
(Transcription à 4 mains Carl Reinecke)

Ludwig van BEETHOVEN
Adagio pour pour orgue à 4 mains WoW33/1

Julien BRET
Sonate parisienne à 4 mains
(dédiée à Olivier Vernet et Cédric Meckler)

LOGO
ECOUTER/LISTEN
Julien Bret : Valse de la Sonate parisienne
(Extrait)

OLIVIER VERNET

Lidi 0101180-07 / code prix : HM31x3

Intégrale de l’œuvre pour orgue, avec en 1ère mondiale :
"Songe d’une nuit d’été"(A Midsummer Night's Dream)

transcrit à 4 mains par Mendelssohn :

- Ouverture
- Scherzo
- Marche des Elfes
- Nocturne
- Marche nuptiale

+ fugue pour orgue à 4 mains en ré majeur (1835)

A l'orgue Bernard Aubertin de St-Louis-en-L'île, Paris.


DIAPASON OR
LOGO PIANISTE
ECOUTER/LISTEN
Ouverture du Songe
d'une nuit d'été

(Extrait)
ECOUTER/LISTEN
Nocturne du Songe
d'une nuit d'été
(Extrait)
ECOUTER/LISTEN
Marche nuptiale du Songe
d'une nuit d'été

(Extrait)


Lidi 0104171-06
Distribution : Harmonia Mundi
Code prix : HM48

Intégrale de l'oeuvre pour orgue

à l'orgue Bernard Aubertin de St-Louis-en-L'île, Paris



ECOUTER/LISTEN
Fantaisie KV608,
double fugue finale
(Extrait)
ECOUTER/LISTEN
Variation finale de l'Andante varié KV501
(Extrait)
ECOUTER/LISTEN
Fantaisie
KV594,
3ème mouvement
(Extrait)
ECOUTER/LISTEN
Spot Radio

BROADCASTS

ECOUTER/LISTEN
France Musique
"Deux sets à neuf"
Lionel Esparza
novembre 2006 (extraits)
ECOUTER/LISTEN
France Musique
"Deux sets à neuf"
Lionel Esparza
juin 2007 (extraits)

ECOUTER/LISTEN
RadioClassique
"Concert à domicile"
Laure Mézan
juin 2007 (extraits)
ECOUTER/LISTEN
France Musique
"Deux sets à neuf"
Lionel Esparza
juin 2008 (extraits)

CREATIONS

Olivier Vernet et Cédric Meckler passent régulièrement commande à de jeunes compositeurs pour l'enrichissement du répertoire d'orgue à quatre mains. C'est ainsi que Julien Bret (Sonate parisienne pour orgue à quatre mains, création à la cathédrale de Tulle en juin 2007), Pierre Cholley (Tango furioso pour orgue à quatre mains, création à la cathédrale de Meaux en juin 2008), et Olivier Mellano (Oragon, composition en cours ) leur ont dédié des oeuvres.


 

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PRESS AND REVIEWS

"Moins nombreux qu'en 1991, l'autre Année Mozart, les disques consacrés en 2006 à son œuvre d'orgue se révèlent d'une singulière qualité, la palme revenant à cet album d'autant plus passionnant qu'il en propose les grandes pages dans leur version à quatre mains. Sur l'Aubertin de Paris idéalement capté, grave et chatoyant, d'une présence et d'une clarté de chaque instant, Olivier Vernet commence sur la trop rare Intrada et Fugue K.399 : à la splendeur des timbres ne cesseront de répondre vivacité et plénitude du jeu. Adagio für Glasharmonica , inventives et exigeantes Fugues en mi bémol et sol mineur, Choral Ach gott, vom Himmel sieh' darein , diabolique Eine kleine Gigue , deux Versets miniatures : le programme solo est splendide. Tout le reste, avec Cédric Meckler, est à trois ou quatre mains. Même respiration, même toucher, même articulation, impossible de dire qui fait quoi tant l'osmose est parfaite, la virtuosité et la synchronisation sidérantes. L'intérêt premier est de pouvoir restituer à la basse une aisance comparable à celle des autres voix, ce qui est presque impossible aux pieds même les plus ailés (pour preuve le Trio K.443 et sa basse intrépide et haletante), tout en disposant au manuel de trois vastes plans sonores. À l' Andante et Variations K.501, d'une pétillante ductilité (le climat de l'avant-dernière variation, tragique et suspendu, n'en est que plus troublant) fait suite une seconde Fugue en sol mineur (K.401) digne d'un parallèle avec L'Art de la Fugue de Bach – et de nouveau une basse d'une mobilité inaccessible au pédalier. Les pièces majeures confirment l'éclatante réussite de ce Mozart. Si l' Andante K.616, pur chef-d'œuvre d'ombre et de lumière, est prodigieux de délicatesse de timbres et d'affects, les deux Fantaisies en fa mineur sont des sommets de grandeur épique et poétique : la K.608 est la plus vertigineuse et la plus enivrante que l'on puisse rêver – la fulgurante strette finale laisse sans voix."
Michel Roubinet, Le Monde de la Musique (octobre 2006)

Dans la discographie d'Olivier Vernet, il y a plusieurs genres d'enregistrement. D'abord, les « incontournables » qui prennent pour échelle le catalogue des œuvres des grands compositeurs, pour en offrir les exhaustivités. Entreprises de référence : le coffret en 15 CD de l'œuvre pour orgue de Bach ou l'intégrale des œuvres pour orgue de Liszt aux six sonates pour orgue de Mendelssohn en passant par les concertos (pour orgue) de Haydn. Il y a encore les anthologies qui, pour les besoins d'un disque, inventent un répertoire : les transcriptions d'ouvertures et airs d'opéras (avec la soprano Isabelle Vernet) ou « Organ dances », avec des œuvres de Julien Bret, Pierre Cholley, Robert Elmore. Et pour s'orienter dans l'imposante discographie d'Olivier Vernet, l'exercice taxinomique peut aussi élire un rayon « découverte » puisque l'organiste a aussi enregistré des auteurs tels que Louis-Nicolas Clérambault, Johann Ludwig Krebs ou Nicolas De Grigny. Par sa fraîcheur et sa variété trépidante, compilant l'œuvre pour orgue de Mozart, ce disque fait plutôt penser à une boîte à bijoux. Chaque plage offre une sorte de joyau sonore, autant de raffinements timbriques, avec une très tangible délectation des couleurs soigneusement établies pour chacune des œuvres, quand ce n'est pour chacun des mouvements. Mais au-delà du traitement gourmand des registrations (parfois très sucrée, à force d'en affirmer si fort les originalités), c'est l'intérêt de Mozart pour les musiques mécaniques que le disque coule tout naturellement dans son œuvre pour orgue. Tel un essai opératique, l ‘Andante in F pour für eine kleine Orgelwalze (K. 616) est riche d'une incroyable polysémie, il peut faire penser à de la musique de manège, autant qu'aux passages les plus poignants de la Flûte enchantée . De 1791 aussi, le choral «  Ach Gott, vom Himmel sieh darein  » (K. 620b) est, lui, distinctement repris dans le dernier acte de l'opéra. Mention spéciale, enfin, pour la Fantaisie en fa mineur (K. 594) dont la virtuosité contrapuntique (à 4 mains) donne envie que l'œuvre pour orgue de Mozart soit intégrée, en bonus, à l'intégrale de celle de Bach.
David Christoffel, ResMusica.com (octobre 2006)

Nouvel enregistrement proposé sur le bel Aubertin de Saint-Louis-en-l'Ile, à la une de l'actualité – ce qui est mérité – et où l'on se rend compte que cet instrument permet d'aborder un large répertoire. Tel est le cas avec Mozart proposé à deux et quatre mains. Outre l'œuvre officielle comprenant les trois fantaisies écrites à l'origine pour un petit automate, les artistes proposent quelques pièces transcrites, qui sont du meilleur effet à l'orgue. On en retrouve plusieurs sur d'autres disques consacrés à l'orgue de Mozart, c'est dire leur destination quasi évidente pour les tuyaux : des fugues et des chorals. C'est tout à fait bienvenu car l'«Année Mozart» aura permis d'approfondir le sujet, chacun proposant telle pièce qui pourrait bien sonner à l'orgue, et pourquoi pas ? Ici, tout « roule » impeccablement, le son est proche et direct, les quatre mains fonctionnent à merveille, malgré quelques croisements parfois périlleux. Finalement, chaque CD Mozart à l'orgue est une belle découverte en soi, et le « quatre mains » une belle solution qui ouvre le répertoire de cet auteur. Une petite note de plus pour ce beau choral Ach Gott, vom Himmel sein darein , que l'on retrouve dans la Flûte Enchantée. Mozart rejoint ici Bach : c'est savant, étonnant et bouleversant ! Il nous manque juste dans ce programme Adagio et fugue en ut mineur, très inspiré du Maître de Leipzig et qui fait merveille à l'orgue à quatre mains … à suivre peut être dans un autre volume.
Frédéric Munoz, ResMuscia.com (avril 2007)

"Voici déjà quinze ans, Olivier Vernet, dans une forme toute juvénile, enregistrait à Masevaux cette version des Sonates op.65, peut-être la plus bouillonnante de la discographie. Avec le recul, ce bain de jouvence mérite amplement le Diapason d'Or qu'il n'avait pas obtenu lors de sa première parution, d'autant qu'il nous revient à prix d'ami, au sein d'une intégrale complétée sur le récent instrument parisien de Bernard Aubertin, dans le style d'Allemagne du Nord. Quelques versions primitives de mouvements de sonates nous donnent l'occasion de comparer Olivier Vernet à lui-même. Le choix d'orgues contemporains de style "baroque" apparaît de ce fait guidé, non par des raisons d'histoire ou de musicologie, mais par un idéal technique et sonore de légèreté. Ce qui en ressort n'est pas seulement la continuité de la vision qu'a Vernet de Mendelssohn, mais aussi la permanence de son approche de l'instrument : les tempos allants ; le délié de la main ; le refus, plus systématique aujourd'hui qu'alors, du legato de pédale ; et surtout, le souci d'avancer. Du coup, il peut se faire qu'une pièce plutôt statique, comme la Fugue op.37 n°2, se mette en place dans une certaine instabilité ; que le choix de contraster les deux versions des mouvements de sonates n'évite pas l'arbitraire ; ou que certaines pièces soient touchées un peu à la surface du clavier...bref, tout n'est pas d'égale réussite. Mais l'avers de la médaille, c'est le jaillissement, la vie du toucher, le sentiment de virtuosité, d'urgence. En ouvrant le coffret, goûtez comme mise en bouche le court prélude qui ouvre le deuxième CD : par la souplesse, par l'abandon, par l'animation des voix, cette pièce dont on traduit souvent le chromatisme en une lourdeur terne, retrouve ses élans et sa part de rêve.
Un mot sur le bonus : un Songe d'une nuit d'été inattendu, réorchestré sur un orgue de Saint-Louis-en-l'Ile qui, on l'imagine, ferme les yeux et pense à l'Angleterre...Le vent suit, pas toujours le tempérament, mais on ne boudera pas son plaisir, surtout dans l'Ouverture : pour les quinze ans de Ligia Digital, les compères Vernet-Meckler n'ont pas ménagé la crême !"

Paul de Louit, Diapason (Juillet/Août 2007)

"Ce coffret du 15 ème anniversaire de Ligia (3 CD pour le prix d'un) reprend le troisième disque d'Olivier Vernet (sur plus de soixante-dix aujourd'hui) : les six Sonates op.65 (Masevaux, 1992), complétées du reste de l'œuvre d'orgue de Mendelssohn et d'extraits du Songe d'une nuit d'été (Saint-Louis-en-l'Île, mars 2007). Comprenant le Nachspiel de 1831, les deux Chorals de 1844, l' Andante alla marcia , l' Allegro moderato maestoso et la redoutable Fugue en si bémol de 1845 ainsi que la Fugue à quatre mains de 1835 – donc plus complète que celle de Jean-Baptiste Robin, l'autre grande version récente (3 CD Triton, 2003) –, l'intégrale Vernet permet de vérifier que la perfection de la mise en forme musicale et instrumentale était présente dès ses débuts au disque. Les pages faisant appel à la force graduée de l'Aubertin de Paris resplendissent de grandeur post-classique (Préludes et Fugues op.37 n°1 & 3), comme à Masevaux les mouvements de même esthétique des Sonates, cependant que les pièces sur registrations douces ou en demi-teintes magnifient une palette variée et raffinée, ainsi l'op.37 n°2, les deux Fugues de 1839, l'admirable Präludium en ut mineur de 1841 ou le célèbre et délicieux Thema mit Variationen de 1844, pages d'un lyrisme plus foncièrement romantique. À l'orgue proprement dit de Mendelssohn, dense, souvent grandiose et d'une pureté de structure puissamment restituée, font donc suite cinq pages du Songe , d'après la version pour piano à quatre mains du compositeur (rééditée par Dover), adaptée en fonction des habituelles contraintes (tessiture, octaves…). Dans l'époustouflante Ouverture , qui par sa vivifiante continuité dynamique l'emporte presque sur l'original, le diabolique Scherzo et la Marche des Elfes , le Nocturne et une Marche nuptiale d'une complexité et d'une beauté à faire pâlir les horreurs qui hantent les sorties de mariage, Olivier Vernet et Cédric Meckler rééditent l'exemplaire réussite de leur Mozart sur ce même Aubertin (4000 CD vendus – pas mal, pour de l'orgue !). Virtuosité et synchronisme confondants riment de nouveau avec musicalité, vitalité et goût des plus exigeants."
Michel Roubinet, Le Monde de la Musique (juillet/Août 2007)

C'est en 1970 que Guy Morançon nous faisait entendre pour la première fois l'œuvre d'orgue de Mendelssohn (6 sonates et 3 préludes et fugues) grâce à un album de deux microsillons gravés sur le Cavaillé-Coll de Saint-Ouen de Rouen, pour le petit label Iramac. Véritable révélation d'une musique géniale, continuatrice de l'univers de J. S. Bach, alors proposée sous une très belle vision nettement romantique, par les registrations symphoniques, le choix de l'orgue et des tempos assez retenus. Peu de temps après, c'est Marie-Claire Alain qui proposera pour son label fétiche Erato, une intégrale élargie à de nouvelles pièces inconnues alors, sur l'orgue néo-baroque nordique de Ringstedt au Danemark. Son approche se situait dans une optique plus nettement classique, à l'instar des orgues de Gottfried Silbermann, joués par Mendelssohn qu'il affectionnait tout particulièrement, les mêmes que ceux joués par Bach lui-même (Rötha). Cela lui permit alors d'expliquer certaines registrations pour jouer Bach ( Passacaille et fugue par exemple). La voix était ouverte : de nombreuses versions de cette œuvre verront ensuite le jour, dont par exemple récemment, celle de Jean-Baptiste Robin pour le label Triton, et utilisant ces fameux orgues de G. Silbermann.. Aujourd'hui, Olivier Vernet, assisté parfois suivant les pièces de Cédric Meckler, rassemble en un coffret de 3 Cds, la totalité des pièces connues à ce jour, avec en bonus-tracks (c'est une tendance) une transcription à 4 mains du Songe d'une nuit d'été , où figure la célèbre Marche nuptiale . Il est à ce propos intéressant de noter que toute cette œuvre d'orgue respire l'optimisme, la fête, et avec Félix, la cérémonie de mariage n'est pas très lointaine, d'où la célébrité de sa marche à cette occasion. L'une des sonates d'ailleurs sera écrite à l'intention du mariage de sa sœur bien-aimée Fanny.
Cette intégrale utilise deux orgues de tout premier plan : Le « Kern » de Masevaux, reconstruit à neuf durant les années 70, après l'incendie qui détruisit le précédent construit par les frères Callinet, et puis le tout récent « Aubertin » de St Louis en l'île à Paris. Confrontation au sommet de deux merveilles sonores, perfections de clarté et d'équilibre. Olivier Vernet domine de très haut cette intégrale, les sonates et préludes et fugues (sommet de l'œuvre) enregistrées en 1992 et reprises dans cette intégrale sonnent à merveille à Masevaux, dans des tempi très enlevés, tourbillonnants : les fugues, redoutables, sont d'une maîtrise absolue. Pour tout le reste, nous sommes à la tribune de St Louis en l'île à Paris : même fougue, même lumière éblouissante. Un exemple : l' Allegro en ré mineur (plage 2 du CD 2), délice des sens, félicité en marche, avec tout à coup un grand choral Luthérien déclamé sur toute la force de l'orgue avec l'anche de 32 pieds à la pédale : un instant d'une intense émotion à vous donner le frisson. Cédric Meckler, déjà entendu dans un précédent album Mozart pour Ligia, forme ici un tandem idéal, tant sa virtuosité sait se fondre complètement avec son collègue. Une somme indispensable dans la connaissance de l'orgue allemand après Bach, en attendant Schumann, Brahms, et les autres…

Frédéric Munoz, ResMusica.com (mai 2007)

La route des orgues peut parfois prendre des directions bien diverses, autant par les destinations que par les orgues rencontrés. Après l'Alsace, le Comté de Nice, les Ardennes, la Touraine, la Bourgogne, nous voici arrivés en Corrèze avec déjà un volume 10 (!), pour découvrir un orgue nouveau, un peu comme un bon vin. Cette belle région s'enrichit peu à peu, puisque Agen, vient aussi de retrouver son orgue, grâce à une grande restauration en sa cathédrale. L'histoire de l'orgue de la cathédrale de Tulle, débute au milieu du XIXe siècle avec le facteur John Abbey, qui livre un 3 claviers de 31 jeux. Malheureusement, la suite ne lui sera pas trop favorable, et peu à peu, malgré de soi-disantes restaurations, l'orgue s'enfonce peu à peu dans le délabrement et le mutisme. En 1971, les facteurs Haepfer-Hermann, reconstruisent un nouvel orgue, en gardant certains éléments plus anciens, c'est Marie-Claire Alain qui supervisera l'opération. Si la construction fût robuste, l'harmonie de l'orgue, elle, se révéla déséquilibrée et laissa les musiciens insatisfaits. Au début des années 2000, c'est Bertrand Cattiaux, fin spécialiste en la matière, qui va enfin donner à cet instrument l'épanouissement sonore tant attendu, en reprenant l'harmonie (c'est-à-dire tout simplement « le son de l'orgue ») et en complétant la composition de quelques jeux nouveaux. A l'écoute de ce CD, le résultat est à la hauteur des espérances : d'entrée, la Sinfonia de la Cantate BWV 29 de Bach sonne « juste » dans la belle adaptation d'Alexandre Guilmant. S'en suit la Chaconne pour violon dans une version à 4 mains avec le complice Cédrick Meckler, écrite par Carl Reinecke au XIXe siècle. Après ce monument, l'enchainement avec le petit Andante pour orgue mécanique de Beethoven est d'un délicieux effet. Par la suite, le programme se déroule pour présenter au mieux les diverses possibilités de l'orgue, le 3e choral de Franck , plusieurs pièces du début XXe, avec le jardin suspendu de Jehan Alain , un choral de Jacques Ibert , le Chant de paix de Jean Langlais , et une Elégie d'Emile Bourdon , l'un des prédécesseurs d'Olivier Vernet à la tribune de la cathédrale de Monaco. Le « clou » du disque est pour la fin, avec cette Sonate Parisienne de Julien Bret , né en 1974, organiste du Val de Grâce à Paris. Cette œuvre fleure bon le Paris des années 20, avec ses musiques de guinguettes, valses musette, le Paris populaire comme on l'aime. On y entend même quelques échos tout droit sortis du Gaumont Palace, époque où l'orgue sortait du sous-sol de la scène pendant l'entracte. C'est réjouissant d'entendre une telle musique à l'orgue, tout aussi rafraichissante que souriante et optimiste. Les doigts d'or (et les pieds) de nos deux organistes s'en donnent à c(h)œur joie, c'est de la belle ouvrage. Un disque à découvrir sans tarder, le son est magnifique comme toujours avec cet éditeur.
Frédéric Munoz, ResMusica.com (septembre 2007)

Pour cette dixième étape de la "Route des Orgues", Olivier Vernet et Cédric Meckler jouent l'orgue de Tulle, dont la rayonnante harmonisation métamorphosée par Bertrand Cattiaux, illumine ce troisième CD d'oeuvres (en partie) à quatre mains. Les découvertes sont de taille, à commencer par la Sinfonia BWV 29 de Bach, version non pas Dupré mais Guilmant. Rupture complète avec la Chaconne pour violon seul BWV 1004, ici d'après la version pour piano à quatre mains de Carl Reinecke : poétiquement articulé, le texte déroule sa longue polyphonie réinventée dans l'esprit des romantiques connaissant leur Bach sur le bout des doigts. Même lumière, précise et déliée, dans le délicieux Adagio pour orgue mécanique de Beethoven (noté sur quatre portées). Vernet seul offre ensuite un troisième Choral de Franck dont la partie médiane est habitée et introspective, ferveur intériorisée que l'on ressent également dans Le jardin suspendu d'Alain, autre chaconne, le Chant de paix de Langlais et l'Elégie d'Emile Bourdon (1804-1974), prédécesseur de Vernet à la cathédrale et à l'Académie de musique de Monaco. Le Choral "justorum animae in manu dei sunt" d'Ibert, dont il est l'un des rares à jouer l'oeuvre intégral, rejoint dans la grandeur les sections extérieures du Choral de Franck, ce récital se refermant sur une pétillante Sonate parisienne pour orgue à quatre mains (2007) de Julien Bret dédiée aux deux musiciens : on y retrouve l'esprit si français - l'ombre de Poulenc et de l'orgue de Barbarie se fait spirituellement sentir - de la Ronde des lutins et de l'inoubliable Valse des anges des Organ Dances gravées à Roquevaire (Ligia, 2005).
Michel Roubinet, Le Monde de la Musique (novembre 2007)

Les treize concertini de Haydn pour clavecin, deux violons et basse (l'un d'eux ajoute deux cors), composés aux alentours de 1760, ne sont pas des concertos miniatures, car ils ne possèdent pas de ritournelles "orchestrales". Ce sont - avant la lettre - des quatuors avec clavier, "concertant" au plein sens du terme : le clavier est présent d'un bout à l'autre et l'écriture est des plus virtuoses. Avec ces oeuvres, Haydn a fait passer dans la musique de chambre l'esprit brillant du concerto. Il n'est jamais revenu au genre. Les concertini ont été enregistrés intégralement au clavecin par Ton Koopman (Philips) et au piano moderne par Ilse von Alpenheim (Pantheon), et plusieurs CD isolés existent. Les exécuter au positif d'orgue se justifie pleinement. L'esprit "de chambre" subsiste et les oeuvres gagnent en couleur. Olivier Vernet a choisi les quatre ouvrages ayant comme volet central non pas un menuet mais un mouvement lent, ce en quoi ils se rapprochent du concerto proprement dit. Faite d'un "Allegro" et d'un "Menuet", la Partita en fa majeur pour clavier à quatre mains est attribuée à Haydn sur une copie d'époque, mais elle ne figure sur aucun de ses catalogues et son authenticité n'est pas prouvée. les six pièces pour horloge mécanique ici retenues figurent parmi les dix-sept (sur un total de trente-deux) arrangées par haydn lui-même. Quatre proviennent de pages existant déjà, et l'on reconnaîtra le menuet de la Symphonie "l'Horloge" et les finales de la 99e ainsi que des quatuors "l'Alouette" et op.71 n°2. Olivier Vernet et ses complices nous font passer en compagnie de Haydn de bien agréables moments.
Marc Vignal , Le Monde de la Musique (juin 2008)

Poursuivant son exploration de la musique « orgue et cordes » de la période dite classique, Olivier Vernet aborde avec bonheur quelques pages méconnues de Joseph Haydn. Non pas les grands concertos, plus connus des mélomanes, mais quelques concertinos, plus modestes, mais tout aussi passionnants, et qui furent conçus vraisemblablement dans les salons du Comte Esterhazy, ne demandant qu'un trio à cordes, et un instrument soliste à clavier : clavecin, ou cabinet d'orgue. Période curieuse pour l'orgue, sorti de son contexte habituel liturgique, et devenu instrument de concert à part entière, traité à la manière d'un pianoforte. La polyphonie a pratiquement disparu au profit d'une écriture à deux voix, à l'instar de Händel, ou Karl-Philip-Emmanuel Bach. Pourtant Haydn utilisera aussi l'orgue dans ses célèbres messes, gardant un lien réel avec le sacré. Mais ici, il en va autrement, puisque le compositeur avait même écrit pour un instrument étrange appellé « flötenuhr » - littéralement « horloge à flûte » -, sorte de grosse boite à musique sophistiquée, qui ornait le musée de cire du comte Deym-Müller, et dont Mozart et Beethoven avaient écrit également quelques pièces adaptées à cette curiosité instrumentale. Haydn s'en tient à de courtes compositions destinées à marquer chaque heure qui passe, écrites sur quatre portées musicales, d'où le « 4 mains » proposé par Olivier Vernet et Cédric Meckler. Ces pièces dont les thèmes sont parfois tirés de symphonies ou de quatuors à cordes, gardent ici toute leur saveur originale : l'orgue de Mougins, de taille modeste, très timbré en jeux de flûtes de toutes tessitures, et posé à même le sol, est un partenaire idéal. Le trio à cordes mené par Stéphanie Degand soutient avec vigueur et enthousiasme le discours élégant et joyeux du Maître Viennois. Le XVIII° est bien là, l'orgue s'émancipe vers d'autres mondes : musique facile dira-t-on, mais de divertissement, le but est bien atteint, tant par l'écriture que par le ton qui nous sont proposés dans le présent enregistrement.
Frédéric Munoz, ResMusica.com (juin 2008)

 
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